Moriarty – Kim Newman

Avez vous déjà visité Genève / C’est une ville d’une propreté remarquable. Les caniveaux sont balayés trois fois par jour. Dans les rues, chaque pavé est lustré un à un. Les toilettes publiques sont les plus hygiéniques du monde. Les catins, récurées, sont efficaces et copulent comme la petite automate qui sort de l’horloge-cpoucou. Même les rats ont les moustaches propres. La seule chose sale qu’on y trouve, c’est l’argent.

Ainsi parle Sebastian Moran, homme lige du célèbre professeur Moriarty. Mais si voyons, Moriarty, le Napoléon du crime, l’alter-égal du plus célèbre détective du monde, le grand échalas toujours suivi par son fidèle transcripteur le docteur Watson.

Pour ne rien vous cacher, j’aime beaucoup l’idée d’un monde en miroir de celui de Sherlock Holmes .Imaginez les jumeaux maléfiques de Sherlock Holmes et du docteur Watson, et vous obtiendrez le redoutable duo formé par le professeur James Moriarty, serpent rusé d’une intelligence remarquable, aussi cruel qu’imprévisible, et le colonel Moran, violent et libertin. Ensemble, ils règnent sur Londres en maîtres du crime, défiant police et hors-la-loi. Quelle que soit leur mission, du meurtre au cambriolage de haut vol, Moriarty et Moran accueillent un flot de visiteurs malfaisants, dont une certaine Irène Adler… 

Dès le début, on oscille entre pastiche par une préface indiquant qu’il s’agit d’un manuscrit retrouvé…suivez mon regard, et vision d’un autre bout de la lunette. Il faut avoir une certaine culture , surtout dans le camp des méchants, pour mettre un visage sur les affreux.La bande de méchants de toutes origines (on retrouve pêle-mêle Lupin, La Cagliostrio, Irène Adler, le docteur Mabuse et bien d’autre) présente beaucoup de similitudes avec un panier de crabes enragés, qui non seulement tentent de tirer profit (l’argent est le nerf de la guerre) d’actions toutes réprimées par la loi, mais de plus se tendent des embuscades entre eux.

La présentation reprend le principe de plusieurs nouvelles mises bout à bout. Si l’ensemble se tient, j’avoue que sur les sept nouvelles dont chaque titre est lui aussi un clin d’œil ( un volume en vermillon, la ligue de la planète rouge, le chien des d’Urberville…) toutes ne présentent pas le même intérêt. Ce bon vieux Moran ayant une tendance à s’auto-repeter. En revanche, celles qui sont réussies le sont particulièrement. Il faut d’ailleurs être culotté pour passer allégrement de Doyle à Agatha sans trop s’emmêler les pinceaux. Pour mémoire, si je ne m’abuse, la référence choisie pour Moriarty est double car elle fait appel à la résurrection de Sherlock Holmes pour le nom du personnage ( James étant le frère qui veut venger son aîné disparu dans les chutes) et au Moriarty de toute la première période. Si il y a des puristes, je pense que l’érudition déployée leur plaira.

Pour les ados ayant découvert Sherlock, un peu d’attente quant au vocabulaire ( je ne dirais pas le surnom d’Irène Adler) et aux situations peut laisser un peu de marge même si le monde a changé plus vite que moi.Je dirai 15 ans plutôt que 11 quant à la lecture de ce Moriarty. En fait, le plus gros regret c’est que Sherlock n’y a qu’une place infime, ridicule, pour ne pas dire inexistante. Mais cela n’est que juste réponse à Conan Doyle.

A lire, mais par nouvelles car d’un seul coup on peut éprouver un peu d’ennui ce qui serait injuste à l’égard de l’ensemble.

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