Norilsk – Caryl Férey

Norilsk, un Far East sibérien avec des broussailles de glace coupante au fil du vent et pas un chat dans les rues après qu’on a flingué le shérif et ses assesseurs. Un endroit sans vitrines, sans rien.

Chaud, tout chaud le nouveau Caryl Ferey arrive sur les tables des libraires. Voici que mon écrivain préféré ( le bonhomme, pas forcément ses livres) se transforme en écrivain voyageur. Attention, il y a déjà du monde sur le créneau, c’est plutôt casse gueule. Tesson, Blanc Gras, et tout ceux que je n’ai pas lu ou ne lirais pas sont dans les startingblock, alors quel besoin de se joindre à la meute ? En même temps, comme il l’expliquait dans son livre pourvu que ça brûle  les voyages sur zones pour écrire ses polars ne pouvaient qu’aboutir à ce qu’un jour il en fasse un livre.

Ne pouvant résister à une charmante jeune femme, surtout si elles sont deux, l’auteur qui pourtant travaille déjà sur un autre thème, se voit confier la mission, si il l’accepte, de se rendre dans un de ces trou du cul du monde comme il en existe tant sur la planète. Un endroit charmant comme en témoigne sa description.

Des carrières enneigées mais noires de crasse se succédaient, des enchevêtrements de pipe-lines protégés du froid par des coffrages en bois ou en carton, une cité-dortoir aux immeubles colorés pour vaincre un peu la nuit polaire, quand tous les repères s’effacent, des rails, des wagons, d’autres mines à ciel ouvert, mais pas l’ombre d’un humain, même mort…Pas de bois ici, que du minerai et des cheminées dressées dans la tempête qui grandissaient à mesure que nous approchions. Les tours du malheur. Un décor de polar. Norilsk.

 

En même temps, c’est un peu comme à la télé, on prend en charge les frais ( boissons incluses) et la paperasse et en plus on peut demander de l’aide à un ami.Cette fois, c’est la bête qui va s’y coller. La bête  que l’on a déjà rencontré dans l’ouvrage précédemment nommé et toujours billeté ici. La bête qui oublie à peu près tout, ce qui peut poser problème dans un patelin où l’autorisation d’aller n’est délivré que par l’héritier du KGB.

Un travail de commande, mais publié sur un papier  ( tu rouleras pas une clope avec une couverture et sur-couverture plus bandeau, bref, le grand luxe pour le grand nord.Une enquête que certain vont qualifier de gonzo en souvenir du style de H S Thompson, un exercice où l’auto centrage est très évident,l’abus d’alcool peut nuire à la santé, mais qui se laisse lire comme un bon article de presse, l’humour en plus.Une belle galerie de gens vivant dans ces conditions, ne niant aucun des dangers qu’ils encourent, mais qui avant tout sont humains, très humains.

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2 réactions sur “Norilsk – Caryl Férey

    • Oui ! mais sans aucune objectivité de ma part parce que j’aime vraiment le bonhomme. Et puis les trou du cul du monde c’est vraiment bien de les découvrir car il y a toujours de l’humain qui va avec.

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