Petit Pays – Gael Faye

petit-pays-romanLe génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie.

Encore un roman sur le génocide rwandais pourrait on être tenté de dire. Après Scholastique Mukasonga, Jean Hatzfeld, Esther MUJAWAYO et bien d’autres que j’oublie involontairement, le Rwanda et par ricochet son voisin le Burundi reviennent dans l’actualité. Ce n’est d’ailleurs pas inutile vu la situation intérieur du Burundi actuelle.L’ histoire à défaut de se répéter continue ses soubresauts.

Gabriel est un enfant comme les autres. Enfin comme tous ceux issus d’une classe aisée en Afrique. Avec sa bande de copains, il joue, s’imagine aventurier ou pirate voir gangster comme l’image véhiculée par les rapeurs américains de ces années 90. Gabriel est un métisse issu de la rencontre entre un français blanc venu du Jura et une rwandaise ayant  fui son pays car si le Monde oublie, les hommes et les femmes restent les témoins d’une histoire récente où déjà les ethnies s’affrontent et obligent certains à l’exil.

A l’OCAF, les voisins étaient surtout des Rwandais qui avaient quitté leur pays pour échapper aux tueries, massacres, guerres, pogroms, épurations, destructions, incendies, mouches tsé tsé, pillages, apartheids, viols, meurtres, règlements de compte et que sais-je encore. Comme maman et sa famille, ils avaient fui ces problèmes et en avaient rencontré de nouveaux au Burundi – pauvreté, exclusion, quotas, xénophobie, rejet, boucs émissaires, dépression, mal du pays, nostalgie. Des problèmes de réfugiés.

Cela résonne fortement avec les évènements que connaît le Moyen-Orient et les réfugiés arrivant par la Méditerranée.

Mais si les enfants jouent, chapardent, certains ont enfoui au plus profond des blessures comme la perte d’un parent.On sent le ferment de la violence et de la haine qui pourra se déchaîner un peu plus tard.En nous parlant de l’enfance, l’auteur fait vibrer une fibre nostalgique en chacun de nous, jusqu’à ce que les évènements dérapent. Autour de Gabriel, le monde ne tourne plus rond. Les gens disparaissent, ses parents se séparent, sa famille s’étiole.

Si l’auteur excelle à nous rappeler les odeurs des fleurs, la beauté de certains paysages, il évite l’écueil des descriptions de l’indicible et ne crée pas le malaise qui pourrait en découler. En fait seul un passage d’action collective sur la fin s’en approche, mais il pose plus un problème de réalisme au cœur de ce roman que de malaise lié à une description.J’avoue avoir été pris dans ce texte qui pour son malheur a eu un prix trop tôt dans la saison ce qui lui fermera la porte à plus prestigieux. En fait, si j’avais quelque chose à redire( il semblerait que cela soit le cas) ce serait pour la fin qui oscille entre prévisible et forcée. mais je vous laisse juge.

 

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4 réflexions sur “Petit Pays – Gael Faye

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