François le Petit – Patrick Rambaud

François Le PetitRambaud avait promis, il n’y reviendrait plus. Nicolas le petit l’avait laissé essoré, aussi la molesse du nouveau monarque ne devait guere l’encourager à chroniquer les turpitudes du royaume.

Malheureusement pour notre peuple, mais heureusement pour nous lecteurs, il a repris la plume et commente ce début de quinquennat.Les personnages nous sont familiers comme cette Marquise de Pompatweet.

François Ier était pris, tout comme le méconnu François II, l’impossible François III. Et François IV fut roi de Modène.
Patrick Rambaud s’est donc choisi un roi de haut calibre : François le Petit.
Nicolas Sarkozy était romanesque à souhait, contourné, faux, kärcherisé, entretenant une cour volatile et dorée.
Avec sa montre en plastique et ses costumes bleu trempés, François le Petit est théâtral : en son palais de confetti, avec son casque à visière, au côté de ses femmes…

Lorsque les résultats se trouvèrent confirmés, on sut que le taux d’abstention s’élevait à 67 % de voix, ce qui semble énorme. Pourquoi cette défection ? Pourquoi cette bouderie ? La candidate verte et vaincue l’expliqua :  » j’ai distribué des tracts, j’ai beaucoup entendu dire que le changement promis tardait, que notre gouvernement privilégiait les mesurettes, qu’il pompait les classes moyennes sans limiter le salaire des patrons, contrairement à ce qui avait été dit en meeting. » Les retraites amincies et les impôts augmentés avaient détourné les électeurs du Parti social qui ne représentait plus la gauche dont ils avaient rêvé. ( livre écrit en 2015 faut il préciser….)

Et c’est bien là la différence avec sa chronique du mandat précédent. La trahison donne à l’ouvrage une tonalité plus sombre que les coups de sang du prédécesseur de François. « Le Prince avait observé que lorsqu’un évènement s’évanouissait dans les gazette, il disparaissait. Les publicistes étaient avides de nouveautés, et une mode pouvait avantageusement remplacer une guerre, ou vice versa,car l’actualité, comme son nom l’indiquait, devait se renouveler sans cesse; les indignations s’usaient  et risquaient de lasser, parce que la notion de public visait à remplacer celle de citoyen » .Caricaturale jusqu’à l’excès, nous sommes ici confronté à un personnage autrement plus cynique et roué.

Quand à la suite qui vient, comme le dit l’auteur : Hélas … nous n’avions encore rien vu.

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