Les Vieux Fourneaux – Cauuet et Lupano

Ceux qui restentCeux qui restent

Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d’enfance, ont bien compris que vieillir est le seul moyen connu de ne pas mourir. Quitte à traîner encore un peu ici-bas, ils sont bien déterminés à le faire avec style : un oeil tourné vers un passé qui fout le camp, l’autre qui scrute un avenir de plus en plus incertain, un pied dans la tombe et la main sur le coeur. Une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations, qui commence sur les chapeaux de roues par un road-movie vers la Toscane, au cours duquel Antoine va tenter de montrer qu’il n’y a pas d’âge pour commettre un crime passionnel.

Soyons honnete, c’est bien écrit, ça démarre sur les chapeaux de roue, et dès le début je suis flatté par le discours de Sophie : « La vieillesse un fléau mondial ! »

Je ne peux qu’acquiescer lorsqu’elle déclare : « Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous avez sacrifié la planète, affamé le Tiers-Monde ! En quatre-vingts ans, vous avez fait disparaitre la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources,bouffés tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulets élevés en batterie chaque année dans le monde, et les gens crèvent de faim ! Historiquement, vous… Vous êtes la pire génération de l’histoire de l’humanité ! »

Et puis tout dérape, ce sont tous des vieux sympas, un syndicaliste, un anar, un solitaire silencieux. Et hop, happy end.

Ne boudons pas le plaisir des dialogues qui percutent, une histoire qui déroule sans peine. Mais finalement, autant je reste admiratif de la génération précédente, autant je trouve que c’est faire beaucoup d’honneur à une génération qui ne ressemble que peu à ces trois là ! Et hormis une ou deux phrases, ces vieux fourneaux sont vite dédouanés du monde qu’ils sont en train de nous laisser et dont le quatrième volet s’appelle la dépendance car charité bien ordonnée ne s’occupe que de soi même.( mais si on vous le jure, ils adorent leurs petits enfants…)

Bonny et PierrotBonny and Pierrot

Déjà le deuxième tome des Vieux Fourneaux ! Lupano et Cauuet décrivent avec toujours autant de drôlerie la chute libre de notre société. Restent Mimile, Antoine, Pierrot et ses anars malvoyants pour redresser la barre. Un versement inattendu de la « finance carnassière » arrive à point nommé, mais réveille également de douloureux souvenirs pour Pierrot. Sa muse libertaire, Ann Bonny, réapparaît… Wilfrid Lupano et Paul Cauuet persistent et signent des scènes et dialogues savoureux qui resteront dans les mémoires !

L’histoire est bien menée, les idées de nos anars sont très sympa, dommage que cela ne leur corresponde pas. Où sont ils les opposants aux aéroports ou aux barrages dans cette génération ?

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