Amorostasia – Cyril Bonin

AmorostasiaTomber amoureux nuit gravement à la santé ! Comme si les relations amoureuses n’étaient pas assez compliquées, une nouvelle épidémie est apparue : l’Amorostasie. Vieux couples comme jeunes tourtereaux, si vous êtes amoureux vous êtes immédiatement plongés dans un état catatonique…

À Paris, de nos jours. La première victime a été retrouvée figée devant sa fenêtre, une demande de mariage à la main. Puis, ce fût un jeune couple, s’embrassant dans la rue, figé lui aussi… Rapidement, l’information s’est propagée, une nouvelle épidémie sévit à Paris, baptisée l’Amorastasie. Rigidité, mutisme, les victimes de cette
étrange maladie tombent dans un état catatonique. Les autorités médicales, en l’absence de remède, ne peuvent que recommander d’éviter toute manifestation intempestive du sentiment amoureux. Pire, la paranoïa s’installe dans la société, le moindre regard est l’objet d’interprétation fantasmatique. Olga Politoff, journaliste enquêtant sur la maladie, le découvre à ses dépends en figeant Julien Lambert, un collègue secrètement amoureux d’elle, alors même qu’elle et son fiancé ne se sont toujours pas figés… L’état décide d’obliger les femmes « tentatrices » à porter un brassard discriminatoire et sexi
ste…

Et voilà, à peine en ai je fini avec les gangsters que je replonge dans les histoires poétiques. Bien sur, on retrouve la patte de Cyril Bonin, avec toutefois une interrogation par rapport à l’absence de couleurs. J’espère que cela n’augure pas d’une édition colorisée dans quelques temps, histoire de donner un petit plus à cette histoire et un petit moins au porte monnaie de certains adorateurs ou collectionneurs.

Ici, tout ce qui fait le charme de cet auteur. Des personnages aux traits « pointus », une grande poésie dans la manière d’aborder un sujet classique, et l’amour, toujours l’amour…Est il besoin de révéler la fin ? Absolument pas ! mais l’amour gagne toujours, sachez le . Partant d’un postulat comme lorsqu’il traite des histoires de Marcel Aymé, Bonin nous entraîne sur la dérive des sentiments, leur confusion, et les angoisses qui peuvent en sortir, quitte à se fourvoyer dans l’irrationnel pour la société qui se laisse dominer par la peur.

D’un sujet somme toute rabâché, Bonin tire le meilleur, nous interroge, nous fait nous interroger, pour finir de manière prévisible soit, mais avec un sens de la poésie qui lui est propre. Je vous l’ai dit, la rentrée littéraire est BD cette année !

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