Lukanga Mukara : Voyage d’étude dans les profondeurs de l’Allemagne – Hans Paasche

Lukanga mukara - Voyage d'étude dans les profondeurs de l'AllemagneJ’aime beaucoup les éditions Magellan & Cie, elles me font voyager pour un prix qui reste très raisonnable.

     Ici, pour celles et ceux qui connaissent l’histoire du papalagui, nous trouvons un schéma narratif semblable. Et pour cause, ce livre d’un militaire pacifiste a servi de modèle pour celui d’Erich Scheurmann. Mais au lieu d’être un mélanésien, il s’agit icid’un ambassadeur africain envoyé par son maître pour lui faire le compte rendu de la vie occidentale.

     Sous le nom de Lukanga Mukara, ce dernier émet des jugements sur la société, notamment allemande .

     La traduction est ici assurée par Julien Fortin qui m’avait transporté sans mal mais fort correctement dans le Gabon que je retrouvais par ses écrits. Fort de cette recommandation et de la rencontre de l’éditeur sur un salon, j’ai acheté ce livre.

     Comme Hérodote, et à la manière de Montesquieu dans ses Lettres persannes, le chercheur africain Lukanga Mukara, guidé par une belle curiosité scientifique, voyage pour faire progresser la connaissance de son peuple. Il est envoyé par son roi dans les profondeurs de l’Allemagne pour y étudier les coutumes et les comportements des indigènes… Les lettres qu’il envoie à son souverain pour partager ses découvertes sur ce pays sauvage sont à la fois pertinentes, drôles et sans concessions. Critique du matérialisme effréné, plaidoyer pour un nouveau rapport écologique de l’homme à la Nature, incitation à un mode de vie plus sain, apologie du relativisme culturel et de l’observation participante : difficile de croire que ce texte a 100 ans.

Hans Paasche (1881-1920), anarchiste et pacifiste allemand en butte aux idées de son époque – il sera assassiné –, se livre ici à une magnifique enquête sur les ressorts de son pays. Lukanga Mukara (1912) est resté inédit en France à ce jour.

      Je ne résiste pas à cet extrait de présentation choisi par l’éditeur.

     « Ils travaillent tous parce qu’ils veulent avoir de l’argent. Et quand ils ont de l’argent, ils ne s’en servent pas pour se procurer du bonheur, ce qui ne coûterait rien de toute façon, mais se laissent convaincre par d’autres, qui veulent eux-mêmes gagner de l’argent, qu’ils doivent acheter toute sorte d’objets pour être heureux, des objets tout à fait inutiles… »

 

 

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