Peste & Choléra – Patrick Deville

Peste et CholéraRepéré dans les listes de juin, j’étais dans les starting block dès le 26 août.

Ma libraire se devait de me le réserver et dès le lendemain j’étais plongé dans cette nouvelle biographie signée Deville !

Après Brazza, Walker et le Cambodge des Khmers Rouges, Deville repart en Asie. Cette fois, ce sera sur les traces de celui dont le nom n’est connu que des homéopathes : Yersin .

Un livre excellent, déjà primé par les lecteurs F…c, que très subjectivement je ne peux que vous encourager à lire, mais avec une question toutefois, pourquoi le Goncourt ? Car il est toujours en course à l’heure actuelle. D’accord, c’est nettement mieux que du Ouelbeurk, mais le Goncourt….

Deville est un malin, il faut repérer dans le livre précédent quel sera le personnage que l’on croise rapidement qui fera l’objet de la prochaine session.

Ici, c’est l’épopée des pasteuriens ( disciples de louis) qui est mise en scène. Ils sont nombreux finalement à avoir laissé leur nom qui à une rue, un hôpital, une école. Mais pas Yersin !

Né en Suisse, il aurait pu devenir allemand. Mais entre la rigidité de Koch et le modèle Pasteur, Yersin se trouve une famille en France. Deville recrée les petites bandes, celle des sahariens, celle des pasteuriens, des africains. Paris est leur carrefour à la fin de ce siècle. La guerre est la porte, et elle sera encore là lorsqu’il partira. Là bas dans son fief d’Asie, avec la vue sur le paysage auquel il a toujours aspiré.

Aller et retour, noms qui provoquent des bouffées d’aventure, Yersin sera un nouveau Stanley, un brazza ou un Pavie. Mais son esprit vif en fait un savant, un chimiste, un découvreur doublé d’un homme d’affaire inspiré. Car il faut faire vivre l’esprit de Pasteur et ce n’est pas l’état français qui y pourvoira. Créations d’instituts au nom du maître, brevet en tout genre, il passe de peu à coté de la paternité du cola qui deviendra célèbre dans le monde entier. Avisé, il se lance dans la culture du caoutchouc. Car cet esprit curieux ne voit que par le progrès technique. Pour lui, l’avancée ne peut être que liée à la technologie et aux découvertes. Il faut raccourcir les distances, accélérer le temps.

Hagiographique peut être, mais pas toujours flatteuse, cette biographie se lit d’une traite. Et puis Patrick Deville s’est enfin débarrassé de lui même. Son personnage de narrateur n’intervient que fort tard sous les traits du fantôme du futur. Et il en profite pour s’auto dérisionner. ( ça se dit ça ?) Autre petit défaut, Rimbaud est très présent, tant pis pour lui, il ne sera pas le prochain héros.

Oui Deville bénéficie d’une mise en place importante dans cette rentrée littéraire, mais il la mérite. Faire voyager, rêver, n’est ce pas une des fonction premieres de la lecture ?

Enfin, pour terminer il y a une mention spéciale pour un personnage. Certains critiques l’ont déjà relevé, mais il est important de parler de Joseph Meister. Fil rouge de ce roman. Et certainement le plus émouvant. Qui est il au juste ?

Au début, ce n’est qu’un enfant qui vient d’être mordu…Ensuite, il deviendra le gardien de l’Institut et pour finir, fidèle à son sauveur, ne pouvant supporter l’affront du bruit des bottes allemandes dans le tombeau du grand homme, il mettra fin à ses jours. Joseph Meister, le premier qui fut sauvé par Pasteur et permis le formidable développement de la vaccination dans le monde, permettant d’éradiquer un grand nombre de maladies.

Vivement le prochain Deville !

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