La Liseuse – Paul Fournel

La liseuseIl y a au moins dix règles claires qui président au choix d’un texte : le sacro-saint cadre des collections ( contre lequel on a inventé les titres hors collection ), le moment stratégique ( contre lequel on a multiplié les rentrées littéraires) , le thème à la mode ( contre lequel on a inventé l’effet de surprise), la stratégie des prix littéraires ( contre laquelle on a inventé la stratégie de l’accaparement par quelques maisons), le manque d’argent ( contre lequel on a inventé l’argent), le genre qui fait fureur ( contre lequel on a inventé un nouveau genre plus furieux encore)…et j’en passe.

Quel beau résumé si il en fallait un de la littérature aujourd’hui et surtout du métier d’éditeur.

Paul Fournel, je l’avais découvert avec Chamboula, histoire africaine, ou d’ailleurs…Éminent membre de l’Oulipo, ce texte est décrit comme une sextine dont l’auteur donne une définition précise en fin d’ouvrage. Une fois cela compris, on se dit  » ah oui » !, mais j’avoue que durant ma lecture cela ne m’a guère influencé, voir je ne l’ai pas senti. En revanche, cela n’est peut être pas sans incidence sur le propos du livre. Car les idées développées à partir du livre, je devrais dire, l’écriture, électronique, peuvent être largement alimentées par les principes oulipiens !

-Je voulais juste savoir si ça avait bien marché avec la liseuse ce week-end, si vous vous en étiez sorti.

-Jusqu’à ce que j’oublie de la brancher, parfaitement. Ensuite, les choses se sont compliquées. J’ai essayé de la secouer, de lui souffler dessus. J’ai même tenté de donner un coup de tête dedans, regardez mes plaies. Rien n’y fait. Je suis resté dans le noir. De cette façon, la liseuse est assez reposante, je dois le reconnaître.

Peut-être est-ce cela qui rend cette lecture si agréable. Pas de parti pris ou non pris. Une exploration en règle de ses sentiments envers la technologie, et un regard juste sur le métier d’éditeur. Paul Fournel ne prétend pas nous dicter notre future manière de lire, encore moins nous imposer sa façon de voir les choses. Il doute, il essaie et reste lucide sur ses torts mais aussi sa passion de la lecture. Non dénué d’humour, mais pas rancunier, la liseuse mélange allègrement nostalgie des temps anciens, ouverture sur l’avenir, et passion de toujours. Passion pour les nourritures terrestres en parfaite osmose avec les nourritures intellectuelles. Passion des femmes…en filigrane.

Un très bon livre qui se lit agréablement, même si je ne l’ai pas essayé sur une liseuse dont le test l’an passé ne m’a absolument pas convaincu, pas plus que la méthode coué de la presse.

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