Mais le Fleuve tuera l’Homme Blanc – Patrick Besson

Mais le fleuve tuera l'homme blancMais le soleil tuera l’homme blanc,

Mais la lune tuera l’homme blanc,

Mais le sorcier tuera l’homme blanc,

Mais le tigre tuera l’homme blanc,

Mais le crocodile tuera l’homme blanc,

Mais l’éléphant tuera l’homme blanc,

Mais le fleuve tuera l’homme blanc,

 

C’est par cette chanson que s’ouvre le livre et que l’on découvre d’où vient le choix de ce titre. Une chanson populaire congolaise du XIX ème siècle. Avec un réserve pour moi, j’ignorais que les forêts congolaises puissent avoir hébergé des tigres.

Dans l’avion qui relie Paris à Brazzaville, j’allais dire Brazza car on ne se refait pas, un homme croit reconnaître une ancienne espionne française dont la carrière stoppa brusquement par le biais d’une arrestation médiatique semblable à celle des faux époux Turenge.

Son compagnon de voyage est un conseiller de président, un type qui depuis longtemps a délaissé ses idéaux communistes de jeunesse pour faire du fric en Afrique. Persuadé que l’espionne a repris du service, notre cadre du pétrole décide de la suivre. Afin de passer inaperçu, il engage les services d’une jeune africaine qui va immédiatement tenter de se l’attacher pour en faire son mari puisse que tel lui a été prédit. Au cours du dîner, l’ancienne espionne est contacté par Joshua, un Tutsi rwandais. Et les enchaînements vont commencer à se mettre en marche pendant quelques jours au Congo. La jeune fille qui possède déjà deux enfants dont l’un est le fils de Pouchkine, métis d’une mère Russe, amante du conseiller, dont ce dernier n’est pas le père car il partage cet honneur avec un autre conseiller d’origine malienne, mais qui lui non plus ne peut prétendre à être le père véritable de cet artiste peintre qui préfèrerait écrire

.

Entrerons en scène une hutu, une congolaise, un curé rwandais, un président de la république, une japonaise nymphomane et quelques autres.

 

Dans un premier temps, l’ouvrage semble conçu sur des préjugés de blancs en Afrique, sorte de récit de conversations de bistrot d’anciens coloniaux. Et puis, par une habile construction, Besson donne la parole à chacun des acteurs qui nous apporte son angle de vue sur l’histoire. Ce qui fait que l’on reprend le chapitre précédent avec une autre vision, mais aussi une nouvelle pierre à l’édifice qui permet à l’histoire de progresser sans pour autant attendre le retour de la parole du premier entré en piste. Un labyrinthe dans lequel on ne s’égare pas, même si les pistes se brouillent.

Avec l’histoire du Rwanda qui s’immisce dans l’histoire congolaise, Besson livre son point de vue que je me garderai bien de partager sur le génocide de 1994. Un peu trop affirmatif à mon goût dans un premier temps, par le biais des personnages africains opposés, il rattrape son tableau mais on sent que son coeur balance pour une version plus que l’autre.

Ce qui au départ se présentait comme un roman avec le Congo en toile de fond, retrace bien l’ambiance congolaise, entre Palaces et bidonvilles, entre pays de rêve et traces de guerre que l’on ne songe même plus à effacer. J’y ai revu les années quatre vingt dix, retrouvé les éléments décrits par Deville dans Equatoria.

Et puis finalement, l’intrigue qui se développe amène ses rebondissements, ses révélations sur chacun des protagonistes, jusqu’au final qui surprend car le responsable n’est pas forcement celui que l’on avait cru. Besson sachant utiliser les codes du roman d’espionnage, glisser des éléments romanesques dans des histoires d’amour et d’argent.

 

Un beau livre sur fond de nostalgie africaine, d’Histoire et de sentiments.

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