La Malédiction du Lamantin – Moussa Konaté

La malédiction du LamantinSur les rives du fleuve Niger, l’orage a tourné toute la nuit, se transformant en déluge. Au matin, le vieux Kouata est retrouvé mort avec sa seconde épouse. Le commissaire Habib, homme reconnu pour sa droiture et sa justesse va devoir enquêter avec son fidèle Sosso. Très vite, les traditions vont se meler de son enquête. Car le vieux Kouata n’est pas n’importe qui. Il s’agit du chef des Bozos.
     Y a t’il une malédiction du polar africain ?(outre celle du Lamantin) Car l’ouvrage souffre un peu des mêmes faiblesses que celui de Laurence Gavron.
      Dans un premier temps, les amateurs de polars seront déçus car nous sommes plutôt dans la catégorie « je lis au collège ». L’enquête est linéaire et le rebondissement final est tellement prévisible. Les personnages sont sympathique et les anecdotes humoristiques juste ce qu’il faut.

Dans un deuxième temps, vous seriez plutôt ethnologue en herbe. Alors tant mieux car la cosmogonie Bozos, ainsi que les mythes afférents sont ici décrits et guident l’enquête du commissaire Habib, voir la conduisent. Mais bon, on reste dans le succinct, c’est juste pour ceux qui voudrait découvrir le Mali par un angle un peu plus folklorique, car si les Bozos ont les origines décrites, cela veut dire que leur histoire a débuté après les pères blancs.

Enfin, il y a une troisième voie. Moussa Konaté n’a pas écrit pour un public occidental, habitué à des polars noirs et complexes. Il a écrit pour les populations africaines et alors là, on lit son livre avec un autre oeil et on perçoit une pédagogie permanente dedans. Je m’explique car je ne veux pas de malentendu sur une perception d’une entrée de l’Afrique dans la modernité ou d’une compréhension de mon commentaire comme une vision passéiste de l’afrique et de ses habitants. Partant du fait que Habib a été formé à l’école coloniale des blancs, on lui reproche de ne pas être à même de comprendre. De son coté, il possède une droiture d’esprit issue de cette formation. Et Moussa Konté fait oeuvre de pédagogie en rappelant l’importance des racines, de la culture. L’homme ne doit pas oublier d’où il vient, il doit sans arrêt faire le lien entre passé et présent, tradition et modernité. Si Moussa Konté s’adresse au public africain, il fait alors passer un message fort juste et très pédagogiquement, et dans ce cas, l’enquête en effet n’est que secondaire, quant à l’ethnographie, elle n’a pas besoin de développement, car elle est en terrain de connaissance.

En conclusion, je vous invite à le lire car ce n’est pas très long et à me donner votre avis.

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