L’open space m’a tuer – Alexandre des Isnards & Thomas Zuber


     Cet ouvrage avait
fait le buzz lors de sa parution en 2008 . Aussi, malgré un an de décalage, parution en poche oblige, je me  suis laissé tenter . Pourtant, j’avais l’impression d’un coup médiatique . Du
genre, crachons dans la soupe, mais ça rapporte un bon coup éditorial.

     En effet, je n’ai personnellement rien appris dans cette suite de témoignages scénarisés, mais cela fait toujours du bien de conforter son point de vue.

     L’originalité, c’est qu’il s’agit plus d’une analyse en direction des entreprises. Soit, elles ont obtenue la flexibilité. Soit, elles ont réussi à faire en sorte que les
employés (ce n’est pas le terme le plus juste, car nous sommes entre staring partner) soient leur propre juge et leur propre bourreau. Mais en chemin, elles ont surtout détruit ce qui faisait
l’essence d’une entreprise pour ses cadres, à savoir le sentiment d’appartenance. Et l’on assiste à un renversement de situation qui fait que les jeunes trentenaires n’ont plus aucunes retenues
vis à vis de leur patron, l’implication se fait rare. Comme il est écrit fort justement, l’investissement personnel n’est absolument pas valorisé. Donc, comme Nadège, faites « la politique de la
toile cirée. Merci pour la prime et démission sans prévenir. »

     Les jeunes ont pris conscience de leur précarisation, mais dans le même temps les entreprises en abusant des stagiaires en rotation permanente tous les six mois ont
défini le fait que les compétences étaient interchangeables.

     Comme le concluent  les auteurs à la fin d’un des exemples, « Qu’est ce qui a vraiment changé ? Avant, ils étaient près à se sacrifier pour l’entreprise, maintenant
ils ont des exigences à peine arrivés. Les jeunes ne sont pas plus fainéants qu’avant. Ils sont lucides de plus en plus tôt. »

     Le seul point où les auteurs se trompent, et trompent leurs auditeurs, c’est lorsqu’ils parlent d’un cadre qui passe dans la fonction publique pour trouver une quête de
sens. Car grâce à leur génération et les différents cabinets de consultants qu’ils représentent, cette génération a conseillé les cabinets ministériels et le mode de gestion qu’ils refusent de
plus en plus nombreux se répand dans la fonction publique . Car qu’est-ce que la La LOLF et la RGPP si ce n’est l’application de normes purement comptables (tout est évaluable chaque tache est
décortiquée les objectifs sont à atteindre et améliorer) qui vide justement la notion de Publique et de son approche humaine de l’usager qui n’est pas un numéro?

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