Un CertainM.Piekielny – F H Désérable

Cette année sera t’elle mon année Romain Gary ?

Depuis longtemps je tourne autour, biographie romancée ou romancée, ouvrage autour de… mais attention, je n’ai jamais rien lu de lui. Ma Pal, mais peut on encore appeler cela comme ça vu le nombre pléthorique d’ouvrages qui l’abondent, ma Pal donc possède pourtant les racines du ciel et la promesse de l’aube.

Depuis longtemps je me suis fait une image idyllique de l’homme, héros de la résistance, écrivain ambassadeur dans la grande lignée de ce que peut proposer la France, écrivain au double Goncourt qui les avaient tous berné. Franchement, des comme lui il n’y en a pas beaucoup dans l’Histoire.

Aussi, le résumé de l’ouvrage avant sa parution m’avait mis l’eau à la bouche. L’auteur, nommons le FHD, se met en scène dans la recherche d’un personnage de la promesse de l’aube. « »Quand tu rencontrera de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme »

Notre auteur, donc, décide puisque Gary lui à sauvé son Bac, de partir sur les traces de ce M.Piekielny. Comme dans sa vie de hockeyeur, FHD se voit aller en Lituanie, suite à une péripétie, il est retenu sur place et décide donc d’enquêter.De l’état civil, aux potentielles personnes qui auraient pu le connaître, notre auteur ne ménage pas sa peine.Et c’est ainsi qu’advient la cruelle vérité, ce Piekielny n’avait jamais existé ailleurs que dans la promesse.

Alors, mon Romouchka, qu’aurais-tu répondu ? Tu t’en serais sorti, comme toujours, par une pirouette, tu m’aurais dit que l’important c’est d’y croire, et que d’ailleurs j’y avais cru, tu m’aurais dit que c’est ça, la littérature, l’irruption de la fiction dans le réel, et parodiant la bonne vieille parade de Boris Vian tu m’aurais dit mais voyons, mon cher F-H, cette scène est vraie, puisque je l’ai inventé.

Gary, qu’est ce qui est vrai, qu’est ce qui est mensonge dans ce que tu nous as dit de toi. Ta mère très présente, ce père nié au profit d’un père plus glamour, acteur de cinéma.Finalement, Gary garde encore une aura de mystère et c’est très bien ainsi.

Ce livre concourt à plusieurs prix.Sera-t- il ,comme souvent les premiers nommés, sorti à la fin, ou bien passera-t-il les sélections pour être le premier d’entre eux ? Si cela ne tenait qu’à moi, de par son style et son approche grand public ( rien de péjoratif) je lui accorderai volontiers l’un d’entre eux.

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Dans l’Enfer des Hauts de Pages & Une Année au Lycée tome3 – BD 64

dans-lenfer-des-hauts-de-pagesLa fonction des Hauts de Pages, un dessin se présentant sous la forme d’un strip placé dans la marge supérieure du journal de Spirou, était de rendre le journal plus vivant. Quand Yann & Conrad les prennent en charge dans le numéro 2225, en 1980, cela a provoqué une tempête dans le petit monde du journal. Les Hauts de Pages ont apporté un esprit critique et frondeur, drôle et impertinent au sein d’une publication pour la jeunesse alors en quête de renouveau.

L’histoire :Deux auteurs contestés par leurs propres collègues obtiennent le droit de remplir les « hauts de page » du magazine Spirou, pour quelques dizaines de semaines entre 1980 et 1981. Mais la vie n’est pas simple quand il faut contourner le conservatisme du patron des éditions Dupuis, la susceptibilité de Roger Lepoulp, auteur de Koyo Notsu, ou la colère de Charles Degotte qui n’accepte pas les critiques sur sa mise en page « périmée ». Mais Yann et Conrad persistent, font de la promo pour leur propre série qui n’est pas publiée en album (les Innommables), et répondent à des questions aussi essentielles que « Franquin est-il fou ? » ou « L’alcool remplace-t-il le génie ? ». Le retour de chaque série emblématique du journal est salué comme il se doit, comme celle de l’Agent 212 devenu 213 en prenant un kilo de plus. Quand au public de Natacha, comment expliquer qu’il soit sourd à 95%, quand celui de Koyo Notsu est normal à 99.9 %. Les questions de fond ne sont pas en reste, avec des « Saviez-vous que » qui précisent qu’il est de plus en plus difficile de parler des héros du journal sans vexer personne. C’est ma foi compréhensible…

Ce qu’on en pense sur la planète BD :

Après Bill est maboul, Boule aima Bill. La couverture du deuxième album, hypothétique, est partiellement cachée, mais on devine ce qui se passe entre le personnage et son chien. En un strip, tout est dit sur la portée subversive de l’humour pratiqué par Yann et Conrad lorsqu’ils envahissent les hauts de page du Journal de Spirou au début des années 80. Les deux compères au comble de leur potentiel cynique et dévastateur développent un humour absolument ravageur, souvent très drôle, et très au dessus de la moyenne d’âge du magazine. La compilation de ces strips a déjà été réunie en un album devenu collector, il y a bientôt trente ans. Cette nouvelle édition rend grâce à la qualité graphique du travail de Conrad, son rôle de nouveau dessinateur d’Astérix étant bien sûr l’occasion rêvée de republier cette œuvre de jeunesse déjà incroyablement mature techniquement. On trouve ici tout ce qui inspirait le jeune dessinateur surdoué de l’époque, fan de Franquin qui rêvait d’introduire une dose de trash dans le style franco-belge. Certains des gags sont devenus obscurs avec le recul, lorsqu’ils concernent des séries que seul l’amateur éclairé a gardé en mémoire (Boulouloum et Guiliguili, Godaille et Godasse). Mais la plupart sont incroyablement provocateurs, comme tous ceux concernant le Génial Olivier de Devos, une série ancienne et traditionnelle que les deux compères démolissent sans la moindre précaution, le Yoko Tsuno de Roger Leloup, ou l’abattage scénaristique de Raoul Cauvin. Un jeu de massacre réjouissant, dont on ne comprend pas vraiment comment il a pu passer le cap de la publication dans un hebdomadaire emblématique de la BD traditionnelle. Il révèle en tout cas que l’histoire de Spirou est faite de périodes très différentes, parfois très avant-gardistes. Il passionnera l’amateur éclairé, mais laissera un peu froid le lecteur qui n’aurait pas baigné un tant soit peu dans les séries mythiques de l’hebdomadaire à l’époque. Un recueil toutefois nécessaire.

Voilà, tout est dit, lecteur de Spirou à cette époque durant quelques années avant qu’il ne m’agace de lire en feuilleton certaines aventures de mes héros de l’époque,j’avais trouvé que certains des commentaires de ces deux trublions étaient parfois largement au dessus de ce que l’on attendait dans une publication jeunesse. Etant entre deux ages, cela ne me gênait pas mais je me demandais ce que comprenait le gamin de 10 ans ( ben oui quand on en a quinze ceux de seize sont des gamins).

annee-au-lycee-une-tome-3-annee-au-lycee-une-tome-3Une année au Lycée tome 3

Rerebelote pour Fabrice Erre qui, pour la troisième fois, écrit le journal de son année scolaire. Dans un mélange de courtes bandes dessinées et de caricatures souvent très drôles, il porte un regard sur le quotidien d’un lycée où tout le monde semble angoissé : par le bac, les copies à corriger, le bac, le choix d’un agenda… sans oublier le bac.

À ranger parmi les auteurs d’autofiction, celui qui a également dessiné Z comme Diego mène en effet une double vie : bédéiste et enseignant d’histoire et de géographie ; la seconde inspirant évidemment la première. Certains gags sont convenus et prévisibles, mais la plupart décrochent un sourire et parfois un rire chez celui qui se rappelle ses années de lycéen. Lorsque son personnage s’interroge sur certains aspects du système scolaire français, le lecteur se doute bien que c’est l’enseignant qui s’exprime.

L’auteur n’hésite par ailleurs pas à commenter l’actualité et c’est probablement la principale faiblesse d’Une année au lycée. Publier sur le blog du Monde une chronique au lendemain des événements du 13 novembre est certainement pertinent. Le même propos est malheureusement beaucoup moins percutant lorsqu’il est présenté en album l’année suivante. Et qu’en sera-t-il dans cinq ans ?

Le coup de crayon de Fabrice Erre est simple et efficace. Ainsi, le personnage principal a tout ou plus cinq ou six expressions faciales et les décors sont généralement très sommaires. Le lecteur n’y perd cependant pas au change ; dans cette production qui se consomme très rapidement, son œil est guidé vers les éléments les plus significatifs et il ne risque pas de s’égarer dans les détails, comme il le ferait dans une illustration de Franquin ou d’Uderzo. La colorisation est à l’avenant : une couleur pour le dessin, une deuxième pour les bulles. Bref, pas de flafla, l’auteur et son lecteur n’ont de temps à perdre avec cela.

Quoiqu’il en soit à sa troisième variation sur un même thème, Fabrice Erre continue de faire sourire.

Par J. Milette

Voilà, tout comme le monsieur il a dit !

La Femme aux Serpents – Claude Izner

Claude Izner revient avec la suite du Pas du renard, second opus de leur nouvelle série de romans à suspens dans le Paris des années folles et des boîtes de jazz.

Septembre 1921.

Jeremy Nelson, jeune pianiste américain passionné de jazz, a traversé l’Atlantique en quête de gloire – et de ses origines. Mais dans un Londres pluvieux et tentaculaire, il ne trouve que des questions. Que cache Victor Legris, ce mystérieux libraire qui aurait connu son père ? Pourquoi semble-t-il si réticent à lui fournir des informations sur sa famille ?

Débarqué dans le Paris bouillonnant de l’après-guerre, ce sont cette fois les ennuis qu’il rencontre. Mêlé malgré lui à une série de morts étranges, il va, le premier, remarquer l’indice qui les relie: une carte postale représentant Simonetta Vespucci, modèle, entre autres, de Botticelli. Autour du cou de cette beauté de la Renaissance : un serpent. Au pied de chaque cadavre parisien : une vipère…

J’avais déjà eu du mal à accrocher avec ce nouveau héros surtout présent pour permettre de dérouler une vision historique de la capitale. Autant cette partie de l’écriture reste réussie, autant l’intrigue s’emberlificote et plusieurs fois j’ai eu l’impression d’avoir loupé des informations ce qui fini par être désagréable !

On a surtout l’impression que les auteurs ont eu du mal à abandonner leurs personnages favoris de la série précédente, et cette histoire de la branche parallèle à la famille de Victor Legris n’est pas vraiment une réussite.

En bref, une belle fresque historique mais pas un polar terrible.