Baronne Blixen – Dominique De Saint Pern

Baronne BlixenKaren Blixen, une vie romanesque. Ou plutôt des vies romanesques. D’abord chasseresse africaine au Kenya après son mariage avec le baron Bror von Blixen-Finecke, amoureuse au cœur brisé de Denys Finch Hatton, puis hôtesse mondaine dans sa demeure de Rungstedlund au Danemark, écrivain sur le tard (elle a 52 ans lorsque le futur best-seller La Ferme africaine est publié), conteuse, démiurge mondialement célébrée et lue, amante enfin d’un poète de trente ans son cadet, Thorkild Bjørnvig.
Dans ce roman vrai, de l’Afrique au Danemark, de New York à Londres, Dominique de Saint Pern ressuscite la femme courageuse et la diablesse, mais aussi l’âme de cet âge d’or où l’on savait aimer, écrire et mourir en beauté.

Je me suis toujours demandé pourquoi Beryl Markham n’en soufflait mot dans son célèbre ouvrage, aujourd’hui j’ai une réponse.

Bien évidemment, les images de Out of Africa se précipitent pour coller à cette histoire ( ah Meryl Streep et robert Redford), mais le récit à travers la voix d’une fidèle employée-amie trace un portrait plus nuancé de la Baronne. Féministe mais aussi  manipulatrice. Dictatoriale avec son entourage, mais courageuse dans tout ce qui touche à sa santé.Une certaine idée de la noblesse.

La partie danoise m’a en effet permis de cerner le pourquoi du grand écrivain connu et pas seulement l’auteur d’un ouvrage sur une certaine époque de l’Afrique.Partie tout à fait méconnue pour mon cas.

Une biographie romancée que j’attendais avec hâte en poche et qui ne m’a absolument pas déçu. J’avais prévu un achat PAL de Karen Blixen chez Bouquin, cela ne fait que renforcer cette envie.

Pornhollywood – Simsolo & Hé – BD 51

Pornhollywood Tome 1 - EngrenagesLos Angeles, août 1934. Jim Jewsky, cinéaste prometteur de la Paramount tombé en disgrâce, a décidé de se reconvertir dans un autre cinéma : le porno. Mettant en scène les ébats de sosies des grandes stars de l’époque comme Mae West ou Gary Cooper, il flirte avec un genre autour duquel gravitent les pires individus que peut compter la cité des anges : mafieux, proxénètes, flics véreux ou politiciens corrompus. En réalisant des films pour le plus dangereux d’entre eux, le grand parrain Baldoni, Jim va se retrouver pris dans un terrible engrenage. Il va découvrir qu’Hollywood est un monde où chaque pellicule peut devenir une arme…Noël Simsolo, grand spécialiste du 7e art, nous plonge dans les coulisses aussi glauques que fascinantes du cinéma pornographique dans les années 1930 à Hollywood. Il en produit un redoutable récit noir de gangsters où l’on y croise aussi de véritables personnalités du cinéma de l’époque (Marlène Dietrich, Josef Von Sternberg ou Erich Von Stroheim), le tout transcendé par la ligne claire et les cadrages cinématographiques d’un Dominique Hé très inspiré.Pornhollywood - Tome 02 - Crépuscules #2

Hollywood, 1934. Jim et Jenny filent le parfait amour. Problème : il est juif, elle est noire. Et dans les États-Unis des années 1930, ce genre d’idylle n’est pas du goût de tous… Même si Jim peut compter sur la protection du plus puissant mafieux d’Hollywood, le terrible Baldoni, le Ku Klux Klan prend de plus en plus l’ampleur sous l’influence d’intérêts obscurs. Il se rend compte que son activité de réalisateur porno est à double tranchant lorsque ses films peuvent être utilisés comme outils de chantage politique. Comment se sortir de ce redoutable engrenage ?

Impression diffuse. Qui trop embrasse mal étreint. On est dans le documentaire très documenté mais qui n’arrive pas à cerner un sujet précis. La mafia ? La politique ? L’histoire d’amour ?

Ce qui est certain, c’est que le cinéma est plus proche de Kenneth Anger que du pays des Bisounours.

Le Crépuscule du Mercenaire – André Fortin

Le Crépuscule du MercenaireAnge Simeoni est un voyou qui bien que retiré des affaires est au courant de bien des choses… À sa demande, Stanley, petit voleur à la tire, vient de dérober la mallette d’un agent très spécial tout droit sorti du ministère… Vingt ans plus tôt, Marc Kervadec est conseiller des princes africains. C’est un barbouze qui, du Mali au Burkina Faso en passant par le Togo, veille au grain, chaperonne les présidents et protège les intérêts de la France. Il y a tellement de richesses ici… Au même moment, à Aix-en-Provence, Margot, jeune et belle femme éthérée, brûle sa vie par les deux bouts entre les visites impromptues de Marc… Ailleurs, le colonel, vieux briscard de la DGSE, distribue les rôles à son armée de l’ombre. Les valises d’argent liquide circulent et s’envolent même de temps à autre pour des destinations inconnues… Et parfois la machine se grippe, les planètes se rencontrent, l’amour s’en mêle, les dossiers disparaissent, les juges enquêtent, les présidents africains décèdent brutalement… Il suffit de si peu de chose…

L’ayant noté chez Yv il y a quelque temps déjà, je l’ai attendu car ma libraire a toujours du mal avec certains éditeurs qui prennent leur temps pour expédier. J’avoue, l’Afrique n’est pas pour rien dans ce choix.

Finalement, c’est un livre prévisible, un peu casse pied puisque les chapitres sont numérotés pour ne pas se perdre. J’étais prévenu, ce ne serait pas rythmé.C’est le moins que l’on puisse dire. Mais sommes nous si bête pour qu’on pense que nous ne verront pas les filiations dès les trois chapitres de présentation lus et pour qu’on nous guide au cas où nous nous perdrions dans l’intrigue en trois temps. Mais ce que je trouve dommage de ne pas avoir exploité, c’est ce qui fait une des failles de Kervadec, à savoir des politiciens africains compétents que nos raisons politiques ont tué.En effet, on comprend bien qu’il y a des états d’âmes qui vont en s’amplifiant et cela aurait mérité plus de développements. Tout comme les faiblesses de Margot même si leurs causes familiales nous sont dévoilées par un bref aperçu. En fait, ce qui prête le moins à commentaire c’est la partie enquête financière et les rouages du blanchiment. On sent que l’auteur maîtrise là son sujet. Ce qui est moins le cas sur le relationnel entre Ange et Stanley.

Bref, pour l’Afrique je vais repartir avec Janis Otsiemi chez le même éditeur et pour les intrigues me replonger dans le journal de Jacques Foccart.