Katanga & Imbattable- BD 71

Katanga tome 1

En 1960, après quatre-vingts ans passés sous la domination coloniale belge, le Congo proclame son indépendance ; moins de deux semaines après, la riche province minière du Katanga fait sécession. Le Congo et le Katanga entrent immédiatement en guerre ; au coeur du conflit : la possession des territoires miniers. De nombreux massacres et exodes de civils s’ensuivent. L’ONU impose alors sa médiation et l’envoi de Casques bleus sur place… Dans le même temps, une horde d’ignobles mercenaires est recrutée pour aller libérer les exploitations minières occupées… Et un domestique noir, Charlie, tord le cou au destin en mettant la main sur un trésor inestimable : 30 millions de dollars de diamants… ce qui fait de lui le Noir le plus recherché du Katanga.

Doit on encore présenter les auteurs d’il était une fois en France ? Ces deux là ont réinventé la pierre philosophale en BD. Tout ce qu’ils touchent est réussi. Des personnages très typés, qui pourraient valoir des amitiés au CRAN où à l’amicale des anciens des BATDAF, tout est plus vrai et caricatural que nature. Une histoire qui vous embringue pour une chasse au trésor en plein conflit de l’Histoire récente, que dire si ce n’est qu’il existe une version noir et blanc qui vaut aussi le coup d’œil.

Impossible de ne pas penser à quelques grands classiques du cinéma type les 12 salopards ou à des acteurs de l’age d’or français avec, les affreux, les histoires de barbouzes, la Françafrique et l’homme de l’ombre. On me dit qu’il y en aura trois tomes et que le deuxième vient juste d’arriver chez mon libraire.

 

Justice et Légumes frais tome 1

Tremblez, malfrats, voici Imbattable ! Ce nouveau protagoniste porte secours à la veuve et à l’orphelin comme tout héros qui se respecte, mais il sauve aussi les chiens, les chats des grands-mères, les terrains de pétanque, le fils du maire, et la ville tout entière. Masqué, comme tout justicier, capé, comme tout justicier, il mène la vie dure aux savants fous et aux mauvais plaisantins, sans jamais oublier de ramener le pain. Non seulement Imbattable est imbattable, mais son super-pouvoir fait de lui le seul véritable super-héros de bande dessinée !

Alors là, c’est très très fort. De la structure quadrillée des planches de BD, Pascal Jousselin a fait un champ d’exploration narrative, un espace ludique où déplacer ses personnages en toute liberté. Son super-héros bondit d’une case à l’autre et joue des décalages et des transferts, Imbattable est non seulement un véritable hommage à la BD classique franco-belge, mais aussi une formidable expérience de lecture, dynamique et inventive.

Très probablement rangé par erreur au rayon jeunesse de votre libraire ou de votre médiathèque, essayer de mettre la main dessus, ça vaut vraiment le coup.

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Le Vieux Saltimbanque – Jim Harrison

Bon, passons tout de suite sur le plus mauvais, à savoir cette couverture d’un mochissime.

Jim Harrisson, pour moi cela reste un bel article dans la revue Lire et puis c’est tout. Mais vu le bien que tout le monde disait de ces mémoires, je me suis lancé, surtout que ce n’est pas très long.

Amusant cette distanciation que fait l’auteur en narrant tout à la troisième personne. En même temps, quelle lucidité sur lui, sur le monde qui l’entoure, sur l’amour, sur le monde universitaire. Drôle sans être une pochetronnade, on ne sait pas trop si l’auteur est honnête et travailleur, ce qu’il réfute, il reste et se défini avant tout comme un poète. Un amoureux des grands espaces. Pour bien comprendre, il est important de lire la préface appelée aussi note de l’auteur. C’est le parfait mode d’emploi avant de commencer la lecture.

Je ne sais toujours pas si j’ai envie de lire les légendes d’automne même si le titre m’a toujours fait de l’oeil ou bien Dalva, mais un jour je recroiserai sans doute Harrison.

Juste pour la question dans l’air du temps, j’ai choisi un extrait non représentatif de ces mémoires. Parlant de son envie de tester le viagra pour se donner un peu de splendeur voici ce qu’il nous dit :

il n’avait pu s’empêcher d’essayer une fois l’année précédente, lors de la rencontre annuelle de la Modem Language Association à Washington, ville qu’il détestait pour des raisons politiques mais qu’il tolérait quand elle accueillait de vieux amis écrivains. Il prit pour cible une étudiante en master à qui il avait fait l’amour des années plus tôt. quand elle était en deuxième année. Le prix à payer était la rédaction d’une lettre de recommandation dithyrambique pour le programme d’« écriture créative » de Hunier Collège, à New York. Il accepta aussitôt ce marché. Elle était un peu pote­lée, mais avait eu autrefois un beau corps. Après avoir dîné et bien bu, ils rejoignirent la chambre du vieux poète au Mayflower. Elle était pressée, car elle devait voir un ancien petit ami qui, lui aussi, enseignait l’écriture. Malheureusement, le comprimé donna une désagréable teinte vert foncé aux murs gris de sa chambre, et il jouit en une minute. Il s’excusa, puis elle partit très vite retrouver son ancien copain, sans avoir transpiré.

Si ce n’est la critique acide du milieu, ne devrait on pas le trainer à titre posthume au tribunal de la  bienpensance ? ( de toute façon les commentaires sont modérés gnarf gnarf )

La Transitalique et Un jour sans Jésus – BD 70

Asterix et la Transitalique tome 37

Alors pour ceux qui n’écoutent pas la radio, n’allument pas leur télé ( moi puisque j’en n’ai pas),ne vont pas chez leur libraire ( honte à eux), ne font pas leurs courses au supermarché du coin, je vous résume ce nouvel opus.

Puisqu’une fois sur deux on sort de Gaule, nos deux gaulois vont donc se rendre en Italie pour une course de char dont le but est de prouver l’efficacité et les vertus des routes romaines.Celui chargé de l’entretien de ces voies est en fait légèrement tenté de se tromper entre sa comptabilité et rendre des comptes. On va donc croiser toute une série de peuplades ayant son char. Bien entendu, il y a un concurrent romain qui est celui qui doit gagner et que chacun s’efforce de battre.Cela nous donne l’occasion de traverser l’Italie et ses grands lieux déjà célèbres.N’en déplaise à Obélix, les Italiques, les habitants de l’Italie, ne sont pas tous des Romains, au contraire ! Les Italiques tiennent à préserver leur autonomie et voient d’un mauvais œil les velléités de domination de Jules César et ses légions.

Rien à dire sur le dessin, mais bon, je me suis endormi plusieurs fois. Autant le précédent «  le papyrus de César » m’avait plu,( c’est amusant, pour faire cet article je viens de relire le précédent et je commençais quasiment de la même manière) autant cette aventure est d’un plan-plan et prévisible que l’ennui m’a vite gagné. Hormis je dois l’avouer le passage sur les Cimbres ( mais là je vous laisse la surprise) dont la multiplication des jeux de mots rappelle ce qui faisait s’esclaffer du temps du duo fondateur et sur lesquels j’ai beaucoup ri, le reste n’avance pas, ce qui est un comble pour une course de chars.

Un jour sans Jésus tomes 3 et 4

Jérusalem, dimanche de Pâques de l’an 33 après Jésus-Christ. 12 h 00.

Contrairement aux Romains, dont les recherches ne donnent rien, celles des apôtres rencontrent un franc succès ! Pierre, Simon et Thaddée découvrent que Judas le Galiléen a bien volé et débité un corps, Matthieu qu’Hérode a envoyé deux hommes voler le corps du Christ la veille, Thomas que certains marchands du temple revendent des morceaux de prophète volés ici ou là en guise de reliques. Mieux encore : Philippe et Barthélemy viennent de retrouver sa trace… VIVANT !

Entre La Vie de Brian pour l’absurde et Kaamelott pour la galerie de personnages farfelus, le langage fleuri et anachronique.

Jérusalem, dimanche de Pâques de l’an 33 après Jésus-Christ. 14h00.

Philippe et Barthélemy tombés sur un faux Jésus, Thomas et Matthieu sur de faux morceaux du Christ chez les marchands du temple, Jean et André arrêtés par les Romains… Les heures défilent, pas toujours gaies pour nos apôtres, d’autant qu’un nouveau groupe vient de faire son apparition : les saducéens… et que leur envoyé, Paul dit « Persecutor », n’a pas l’air d’aimer particulièrement les chrétiens.

Heureusement, Pierre, Simon, Thaddée et les deux Jacques ont sans doute accompli l’essentiel : ils ont retrouvé le corps du Christ, et le ramènent au tombeau pour le réenterrer !

Allez, plus que deux d’une série bien documentée dont le seul reproche tient dans le défi que représente une publication aussi rapprochée, à savoir un dessin pas toujours trop léché.